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 Sniffer aujourdhui, drogu de demain

         
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: 11/09/2006

: Sniffer aujourdhui, drogu de demain    04, 2009 3:04 am

Quel que soit le quartier, quelle que soit la ville, la scne, qui soffre aux yeux, est presque toujours la mme : au coin dun immeuble ou langle dune rue isole, de jeunes adolescents, peine sortis de lenfance, le visage enfoui dans un mouchoir, semblent tre totalement absorbs par quelque chose.
Le mouvement des corps qui se mettent par la suite se dandiner dun ct lautre, le regard absent et quasiment insoutenable qui devient le leur, ne laissent aucun doute sur la nature de ce qui semble tre, a priori, un simple jeu denfant. Ce nen est pourtant pas un. Certes, les ingrdients de la colle, du vernis, ou un driv de ptrole sont a priori inoffensifs. A priori, car utiliss frquemment, ce qui est presque toujours le cas, ils deviennent
dangereux, voire destructeurs de la sant. Des jeunes, dont lge ne dpasse pas souvent les dix ans, se mettent ainsi et sans le savoir lcole de la dlinquance et de la marginalisation.
La question est assez importante, en tout cas, pour que lAssociation tunisienne de la prvention de la toxicomanie, dcide de la prendre au srieux et de lui rserver au cours de lt pass, un sminaire Sfax (2 juillet : La prvention de la dpendance aux solvants organiques chez lenfant et ladolescent). Lassociation qui a eu le mrite de runir, aussi bien des mdecins que des universitaires spcialistes en sciences humaines, sociales et juridiques, sest appuye dans ses travaux sur une enqute effectue par le Dr Chakroun de lInstitut de la sant, de la scurit et du travail. Lchantillon est de 44 jeunes dont lge se situe entre 11et 23ans. Ils sont tous souponns de pratiquer linhalation de colle solvante. Les rsultats de cette enqute ne laissent aucun doute quant limpact sur la sant des jeunes, dune part, sur le nombre sans cesse grandissant des candidats linhalation, dautre part. Sur la sant dabord, et contrairement aux prjugs sociaux qui dnient tout danger cette pratique, il a t prouv que les produits inhals contiennent des composs pouvant causer la dpression du systme nerveux central et le dysfonctionnement cardiaque. Sur le nombre des jeunes ensuite, dont la progression est nette comme la indiqu le Pr ML Masmoudi du CHU Hdi Chaker de Sfax qui a ajout que cen est mme devenu un problme de sant publique. Et
pourtant, et en dehors peut-tre des parents dont les enfants sont accros la colle ou tout autre solvant, la question reste taboue. On en parle peu et cela semble convenir tout le monde. Aux jeunes victimes dabord qui, la recherche de sensations fortes, oublient le danger qui les guette. Je sniffe et je menvole ! dira A.M, un jeune de 11ans qui a t amen linhalation par un copain de rue. Aux parents qui, par exorcisme ou tout simplement lassitude, ignorent la question, aux ducateurs ensuite, dont limage de marque, la leur, leur renvoie des visages perdants avant davoir engag la bataille. Au tableau enfin, des centres de dsintoxication, tel que celui de Djebel El Oust dont la qualit des soins nest pourtant plus prouver, mais qui, par manque peut-tre ou insuffisance de personnel, nont jamais pu rpondre en temps opportun lappel de toutes les jeunes victimes. Alors pour emprunter ces mots Serge Zombeck, psychiatre de renomme et directeur du CHU Saint Pierre de Bruxelles, invit au sminaire prcit, nous avons pourtant, la responsabilit de leur donner, collectivement et individuellement, le plus de moyens possibles pour trouver un sens leur vie, pour affronter les nombreuses difficults de la vie moderne, pour les soutenir lorsquils rencontrent des difficults, et lorsquils subissent des traumatismes.
Fadhila BERGAOUI
Source : La Presse Tunisienne 4 dcembre 2009 ici



    
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